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Longevity Partners
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01 April 2020

Travailler chez soi... quels enjeux environnementaux?

par Alice Pellé

 

L’épidémie soudaine du Covid-19 a forcé une majeure partie de la population à travailler, dans la mesure du possible, connecté, depuis le domicile.   

Travailler chez soi, c’est éviter les transports en commun, les longs trajets en voiture, les immenses immeubles chauffés ou refroidis pour les employés.... une alternative plutôt respectueuse de l’environnement, à première vue. Si les interrogations autour de l’impact environnemental du travail à domicile se sont multipliées depuis l’épidémie, elles sont néanmoins d’actualité depuis plusieurs années. Une étude récente indique qu’aujourd’hui, environ la moitié des employés de bureau travaillent à domicile de manière occasionnelle. Pendant que le monde marche au ralenti, nombreux articles traitant de la baisse de pollution en Chine ou la baisse de demande en énergie en Europe font leur apparition.   

La baisse d’activité et de mobilité des employés n'est bien évidemment pas seule responsable de ces changements drastiques mais y joue, malgré tout, un rôle important. Pourtant, nous manquons encore de données en ce qui concerne l'impact environnemental réel de ces mutations du travail. Mais alors, le travail chez soi est-il vraiment une solution durable?   

Eh bien, cela dépend. Cela dépend d’ailleurs de beaucoup de choses. Cela dépend de la saison. Une étude britannique récente a trouvé que travailler chez soi plutôt qu’au bureau, en été, économiserait environ 400kg d’émission de dioxide de carbone, soit l’équivalent de 5% de l’empreinte carbone des trajets pour aller au travail d’un britannique sur une année. Cet argument est cependant uniquement valable en été. Pourquoi? Car les hivers sont froids en Angleterre, et travailler chez soi, c’est aussi chauffer sa maison entière, en outre, dépenser plus d’énergie que lors d’un trajet pour se rendre au travail. Cependant, cette analyse de prend pas en compte le nombre de personnes vivant ou travaillant dans le lieu en question, ni le moyen de transport emprunté pour rejoindre son lieu de travail. Il est bien évident qu’un trajet en voiture aurait, par exemple, une empreinte carbone bien plus élevée qu’un trajet à vélo.   

Est-ce utile de préciser que si l’impact environnemental du travail à domicile dépend des saisons, il dépend aussi d’où vous vous trouvez dans le monde. Si vous êtes actuellement dans un bureau refroidi à l’air conditionné à Bogota, l’argument de saisonnalité ne vaut plus rien. L’impact du travail à domicile dépend en fait d’une multitude de facteurs. Il dépend du type de bâtiment dans lequel vous vivez ou travaillez, du nombre d’occupants de ce dernier mais aussi, par exemple, du fournisseur d’énergie du bâtiment en question.   

Et, il reste aussi la question de la pollution digitale. En effet, l’empreinte carbone d’une activité en ligne grandissante (plus d’e-mails, plus de vidéo-conférences) que le travaille chez soi engendre est inévitablement plus importante. Pouvons-nous réellement parler d’une alternative durable, si elle engendre plus de trafic, et donc, de pollution digitale?   

Nous avons été témoins d’une évolution de notre monde saisissante par sa rapidité et son efficacité. Nos infrastructures vont devoir suivre ces évolutions et devenir capable de s’adapter aux demandes en énergie futures ainsi qu’à la connectivité et la mobilité changeante de la population. La récente augmentation du travail chez soi pose d’importantes questions sur nos futures approches au travail, qu’elles soient d’ordre légal, éthique ou philosophique. La crise que nous traversons ouvre un débat national, un débat global sur le travail à domicile, ses conséquences environnementales, son rapport au bien-être et à la mobilité en entreprise. Si ce phénomène nécessite plus d’exploration, il est néanmoins déjà populaire au sein des employés et des employeurs. Une récente étude du gouvernement britannique déclare que la moitié des manageurs en RH considèrent la qualité du travail produit à la maison à la hauteur de celui produit au bureau, tandis que 27% pensent que le travail serait même de meilleure qualité. Alors, le travail à la maison deviendra-t-il la norme?   

Cette crise perturbera sans aucun doute nos institutions et nos modes de vie. Chez Longevity Partners, nous promettons de travailler d’arrachepied pour s’assurer que les enjeux et transformations futurs seront animés par des valeurs de durabilité, de bien-être et de respect.   

Au final, ces problématiques nous rappellent une chose: nous avons aujourd’hui besoin de plus de bâtiments sains et durables dans lesquels nous travaillerons, dormirons, danserons, mangerons ou simplement, existerons. Travailler depuis son bureau ou son domicile n’est au final pas la source de préoccupation la plus importante. Nous devrions plutôt unir nos forces pour s’assurer que tous nos bâtiments sont respectueux de l’environnement et utilisent nos ressources de la façon la plus intelligente et la plus responsable possible.