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Longevity Partners
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07 December 2020

Plaidoyer pour la nature en ville, avec le Label BiodiverCity® comme levier d’action

La nature en ville, quelle utilité ?

Par leur complexité, leur hétérogénéité et les perturbations constantes qui s’y occurrent, les centres urbains ne sont pas des zones de prédilection pour les espèces animales et végétales. En effet, la très forte pression anthropique (impact de l’Homme sur l’environnement) et la limitation des continuités écologiques (connexion fonctionnelle entre deux écosystèmes) constituent un frein majeur au bon développement de la faune et de la flore. Pourquoi vouloir préserver et développer la nature en ville ? Quels outils existent pour accompagner ce développement ?

La biodiversité urbaine ne possède pas uniquement un rôle esthétique : elle joue un rôle déterminant pour la bonne qualité environnementale des villes, et est même un enjeu de santé publique.

En effet, la présence de plantations contribue à une bonne gestion de l’eau. Les façades et toitures végétalisées empêchent le ruissellement, stockent l’eau de pluie et la relâchent dans l’atmosphère par évapotranspiration. Cela permet ainsi d’éviter la saturation des réseaux d’eau pluviale. De la même manière, les sols non-imperméabilisés permettent à la fois de limiter le dessèchement des nappes phréatiques mais aussi, lorsqu’ils sont bien végétalisés, limitent les crues des rivières.

L’ombrage et l’évapotranspiration apportés par les arbres permettent le rafraichissement des villes. L’ombre prévient une surchauffe de la surface et limite l’effet d’ilot de chaleur urbaine. Une modélisation effectuée le 8 juillet 2010 à 16 heures dans une rue de Nantes, orientée nord-sud, a établi que la présence de deux façades végétalisées permettait d'abaisser la température ressentie de 0 à 3 °C. Et l’on pourrait même gagner jusqu’à 10 degrés en plantant 2 rangées d’arbres avec un feuillage continu. D’un point vue énergétique, ces murs végétalisés abaissent la consommation de 5 à 70% ! (1)

Comme énoncé plus haut, la nature en ville joue un rôle déterminant pour la santé et le bien-être de l’Homme. Elle permet de réduire le stress tout en favorisant l’activité physique. De nombreuses études démontrent que la fréquentation des espaces verts limite les maladies cardio-vasculaires, les troubles respiratoires et améliore l’état de santé général (2). La nature influence également la qualité de l’air : elle joue le rôle de filtre à particules, notamment lors des pics de pollution, en absorbant de nombreux polluants comme le NO2 et le SO2 et aussi des particules atmosphériques de petites tailles.

A petite échelle, les arbres en ville permettent de séquestrer le CO2 et contribuer à limiter l’effet de Serre. En effet, planter des arbres permet de capter le carbone atmosphérique et de le stocker dans la biomasse et dans le sol. Par le biais de la photosynthèse, un grand arbre adulte pourra stocker dans les branches et le tronc, sous forme de lignine et cellulose, jusqu’ 360 kg de CO2 chaque année. (3) Cette capacité dépend néanmoins de sa taille et de son âge. L’outil Arbo Climat, créé par l’ADEME permet de connaitre l’impact d’un scénario de plantation sur le stockage de carbone. (4)

En plus de jouer un rôle sur la santé, la nature en ville a une fonction récréative. Les parcs et jardins partagés permettent de créer des opportunités d’interactions sociales, par le biais notamment d’organisation d’évènements et d’actions pédagogiques et participatives. Ces échanges contribuent à la culture et à l’éducation, excellent moyen pour protéger la nature, pour citer Jacques-Yves Cousteau : « on protège ce qu'on aime, et on aime ce qu'on connaît ».

La végétation des villes est donc opportune pour l’homme, pour la planète, mais également pour la valorisation du bâti. L’être humain a une tendance naturelle à chercher des liens avec la nature, on parle du concept de Biophilie (5). La proximité des jardins et parcs donne donc une plus-value aux biens immobiliers. Il a par exemple été démontré dans la ville de Brest que les prix des appartements à proximité directe des espaces verts étaient supérieurs de 17% à ceux des appartements localisés 100 mètres plus loin. De plus, à Angers, lorsque la densité des espaces verts augmente de 10%, les prix immobiliers sont valorisés de 1,3% (6). Ces chiffres sont à nuancer en fonction des villes et de la surface de l’espace vert mais démontrent pour autant une réelle tendance verte en ville.

 

Label BiodiverCity® : un rôle à jouer

Pour que la nature nous offre l’ensemble de ces services, il faudra veiller à mettre en place les meilleures solutions architecturales pour accueillir la biodiversité sur les bâtis mais aussi pour créer des habitats variés et fonctionnels. Murs végétalisés, nichoirs ou encore toitures végétalisées, devront être étudiés à partir d’un diagnostic écologique considérant le projet et son environnement proche, pour ainsi contribuer à l’amélioration de la continuité écologique de la ville.

Le label BiodiverCity® constitue un guide pour atteinte ces objectifs. Il permet dont de refléter la qualité des projets immobiliers en termes de fonctionnalités écologiques. Le Label BiodiverCity® démultiplie la prise en compte du lot technique « espaces verts » et la gestion à long terme de ces espaces. Il permet, au terme du processus de labellisation, d’afficher la performance des opérations immobilières en fonction de leur niveau de prise en compte et de valorisation de la biodiversité.

Porté par le Conseil International Biodiversité et Immobilier (CIBI), ce label s’applique aux projets neufs et rénovations lourdes. Il cible l’ensemble des bâtiments publics et privés : les bureaux, parcs d’activité et parcs logistiques, ZAC, centres commerciaux, etc. Il s’adresse donc à tout aménageur, architecte, foncière, direction immobilière et promoteur.

 

La labellisation passe par 4 étapes :

1. L’engagement du projet dans la démarche, cette phase doit avoir lieu impérativement avant le dépôt du permis du construire ;

2. La phase de conception, constitue la majeure partie du travail, l’évaluateur accrédité BiodiverCity® travaille avec le maitre d’ouvrage du projet afin de définir les objectifs et rassembler les preuves de conformité au label ;

3. L’audit de vérification par un organisme indépendant, qui vérifie la conformité du rapport ;

4. Lorsque le rapport est conforme, le CIBI, propriétaire de la marque, délivre l’attestation pour le projet.

 

Les bénéfices de la labellisation BiodiverCity® incluent :

1. La mise en valeur des projets les plus écologiques 

2. La mise en place de solutions pour la biodiversité permettant aux aménageurs de créer des projets de plus forte valeur

3. Un argumentaire fort pour dialoguer avec des élus

4. Un respect de la biodiversité assurément gage de qualité et de réputation au sein d’une ville.

Le recours à un écologue accrédité par le CIBI est donc imposé par le label. Il/Elle jouera alors le rôle d’AMO spécialisé, de conseil et d’évaluateur. A la suite d’un diagnostic biodiversité réalisé par ses soins, il sera la force de proposition pour améliorer l’aspect biodiversité du projet. Longevity Partners, assesseur BiodiverCity® accrédité, veillera à l'excellence de la performance écologique des bâtiments désireux d’intégrer la biodiversité au cœur de leurs projets.

References: 

(1) https://usbeketrica.com/fr/article/canicule-vegetaliser-les-villes-maintenant-encore-possible

(2) Mitchell R., Popham F., 2008. Effect of exposure to natural environment on health inequalities: an observational population study. The Lancet

(3) Jacquet, 2011. Performance énergétique d’une toiture végétale au centre-ville de Montréal. Centre d’écologie urbaine de Montréal.

(4) https://www.adaptation-changement-climatique.fr/centre-ressources/outil-arboclimat

(5) Edward O. Wilson, 1984. Biophilia, Cambridge, Harvard University Press.

(6) Choumert J., Travers M., 2010. La capitalisation immobilière des espaces verts dans la ville d'Angers, Revue économique 2010/5 (Vol. 61)